
Defender 110 TD4 2,4
Après 15 ans de bons et loyaux services de mes camper van, profitant de l’engouement suscité par ces véhicules dans la période post covid, nous avons décidé d’élargir le spectre de nos destinations en faisant l’acquisition d’un 4×4, nous permettant ainsi de pouvoir accéder à des lieux plus reculés et moins fréquentés.
Le choix de ce type de véhicule ne fut pas aisé car il allait à l’encontre de nos convictions écologiques. Après avoir étudié la solution du voilier, qui ne permettrait pas d’aller facilement à la rencontre de celles et ceux que nous imaginons dans nos projets, et celle de la moto qui pour le coup nous paraissait un peu ambitieuse vu notre âge au moment du départ, la solution du 4×4 restait la plus évidente.
En faisant le bilan carbone d’une telle expédition autour du monde, nous avons vite compris que ce serait nettement moins lourd que si nous prenions l’avion. Donc la décision était prise, nous nous mettions en quête d’un 4×4. Un moteur bien entretenu et une utilisation extra urbaine représente une consommation identique à celle d’un van.
Totalement néophytes dans ce monde, il nous fallait nous renseigner sur les véhicules qui pourraient combiner à la fois efficacité, fiabilité, et possibilité de réparer à l’autre bout du monde. Le casse-tête commençait, opposant deux clans bien distincts, les TOYOTA et les LAND ROVER ! Avec pour contingence, trouver un véhicule pas trop récent pour ne pas avoir trop d’électronique. Petit à petit les recherches s’organisaient et s’affinaient autour d’un Toyota Land Cruiser 79, un Toyota Hilux avant 2008, et le mythique Land Rover Defender.
Les avis extérieurs fusaient de toutes parts, avec leurs points positifs et négatifs pour chaque modèle, puis pour chaque version (année, motorisation, équipement…)
Nous avons assez rapidement écarté l’Hilux pour la simple et bonne raison que ceux que nous trouvions avaient trop de kilomètres ou étaient trop chers, mais qui pourtant bénéficie d’une très bonne reconnaissance, tant pour ses qualités de franchissement que pour sa fiabilité mais surtout pour sa très large distribution dans le monde, offrant ainsi le luxe d’avoir des pièces à disposition très facilement partout.
Les Land Cruiser HZJ 75/78 et les Defender 300 TDI, TD5 voir TD4 sont comparables et inégalés au niveau de leurs capacités de franchissement et capacité à avaler les kilomètres. La fiabilité mécanique irait certainement vers les Toyota, d’où la blagounette suivante : “avec un Defender tu vas au bout du monde, avec un Land Cruiser, tu en reviens” 😉
Au niveau de l’offre sur le marché du neuf, ces deux modèles ne sont plus produits ou commercialisés (tout du moins en France pour les Land Cruiser), il fallait donc se tourner vers le marché de l’occasion, et à partir de ce moment le choix est devenu comme une évidence car pour 10 Defender, on trouvait 1 Land Cruiser à des prix exorbitants.
Nous restait le choix de la version, 300 TDI, TD5 ou TD4. La différence principale dans ces 3 versions réside essentiellement sur leur année de production donc leur motorisation, sur leur niveau d’électronique, et leur confort. Les 300 TDI n’ayant quasiment aucune électronique ont été produits jusqu’en 1998 et sont très fiables mécaniquement, en revanche le confort est plutôt spartiate. Les TD5 représentent certainement le meilleur compromis entre fiabilité et confort avec un niveau d’électronique tout à fait raisonnable pour ne pas être trop embêté, ils ont été produit jusqu’en 2006. Et enfin les TD4 2,4 et 2,2 litres qui ont été produits de 2007 à 2016. Les 2,4 litres sont beaucoup plus confortables que les versions précédentes mais leur motorisation (moteur Ford Puma) est plus fragile. Le niveau d’électronique est un cran supérieur à celui des TD5 mais moins important que les 2,2 litres.
Après avoir vu plusieurs versions (300 TDI, TD5 et TD4) notre choix s’est finalement porté sur un TD4 2,4 litres 110 de 2008. Le véhicule était en excellent état, avait 47 000 kilomètres, le moteur, les injecteurs et le turbo avaient été changés à 37 000 kms, et la peinture avait été refaite à 42 000 kilomètres suite à la grêle. Le niveau d’équipement était très bon (amortisseurs heavy duty, réhausse de 5cm, mains meneuses renforcées, embrayage renforcé, glass pack pour la ligne d’échappement…) le tout pour un prix très raisonnable. Il était homologué 5 places.


Conception et réalisation
Nous avons tous deux une grande expérience de la vie à bord d’un véhicule à espace réduit, que ce soit dans un voilier ou un campervan que j’ai beaucoup utilisé pour réaliser mes reportages et sillonner l’Europe avec mes enfants et leur maman Domi. Nous avions aussi l’un et l’autre l’habitude de gérer un espace minimal, une consommation en énergie et en eau raisonnable.
Forts de cette expérience nous avons conçu l’espace intérieur et extérieur de notre Def pour répondre au mieux à nos besoins. La société RRC Offroad a réalisé plusieurs installations importantes (toit relevable, réservoir gasoil additionnel, auvent, chauffage stationnaire) et tout le reste de l’aménagement a été réalisé par nous même.
Dormir confortablement, avec toit relevé ou baissé au besoin, et se tenir debout dans le véhicule.
La première action, confiée à RRC Offroad, fut de faire installer un toit relevable équipé d’un lit. Le toit est sur vérins pour faciliter l’ouverture, et la literie est composée d’un sommier à lattes en bois et d’un matelas très confortable de 130 x 200. En cas d’impossibilité de lever le toit (trop de vent, discrétion en ville, etc.) nous avons prévu un couchage en bas, plus spartiate et plus étroit mais suffisant pour passer la nuit. Mesurant 1m82, Xavier peut se tenir debout confortablement avec le toit et lit relevés. Par contre, allongé sur le dos, ses orteils frôlent le toit au pied du lit.
Être à l’abri à l’extérieur.
RRC Offroad nous ont aussi installé un auvent 270° de chez Rock Alu pour pouvoir rester dehors tout en étant protégé du soleil ou de la pluie. Celui-ci est aussi équipé de parois afin d’avoir un espace extérieur fermé de 20 m2 supplémentaires.
Cuisiner.
Cuisiner en toute sécurité et sans laisser d’odeur ou d’humidité dans le véhicule sont des choses importantes. C’est pourquoi la décision a été prise de mettre la table de cuisson (Coleman carburant essence ou gasoil) à l’extérieur tout en étant facilement accessible et rapide de mise en œuvre. Nous avons aménagé un long tiroir à l’arrière de Brick avec une petite table abattante pour le Coleman. Avec l’auvent, nous pouvons cuisiner sous l’abri au besoin. Un plan B existe à l’intérieur avec un petit réchaud à gaz si impossible de s’installer à l’extérieur.
Se chauffer / protéger du froid
Entreprendre un tour du monde nécessite d’envisager tous les climats et toutes les saisons. Pour un minimum de confort, le chauffage est indispensable. Le luxe réside de pouvoir avec ce dernier produire son eau chaude. RRC Offroad a installé un Thermobox de chez Webasto. Ce moyen de chauffage utilise le gasoil du véhicule. Dans le toit relevable, nous avons aussi des parois matelassées pour nous protéger du froid à travers le tissu de la tente de toit. Nous avons aussi ajouté de l’isolation thermique et phonique (isobutyl et armaflex)
Boire de l’eau potable et se laver.
Le besoin en eau dans ce type d’aventure est vital. Il faut bien faire la différence entre celle que l’on boit et celle que l’on utilise pour se laver ou faire la vaisselle. Nous avons fait installer un réservoir d’eau de 75 litres avec 2 circuits : un circuit filtré mais non-traité, l’autre filtré et doté d’un système de traitement par UV (system Guzzle) pour boire et faire la cuisine. Nous avons un pré-filtre sur notre tuyau d’eau pour remplir le réservoir et nous ajoutons du produit purificateur style ‘micro-pur’. Nous sommes très contents avec notre système Guzzle avec une très faible consommation d’électricité et une efficacité bluffante.
Produire de l’électricité.
Nous avons bien sûr l’alternateur du moteur, mais comme il est fort possible que nous allons nous poser pendant plusieurs jours sans rouler et pour pouvoir alimenter le frigo et recharger nos appareils informatiques et caméras, nous avons installé un panneau solaire rigide de 360 watts. Nous avons aussi ajouté un convertisseur de 220V pour charger ou alimenter certains petits appareils électroménager ou chargeurs de batteries, ainsi qu’un régulateur de charge.
Avoir une autonomie raisonnable en gasoil.
C’est un critère très subjectif, mais nous avons fait installer un réservoir supplémentaire de carburant (45 litres) dans l’aile arrière droite, nous offrant au total environ 120 litres. Selon le terrain et les distances à parcourir, nous pouvons tenir un peu près 10 jours et nous avons des jerrycans supplémentaires dans le doute.
Manger soit à l’extérieur soit à l’intérieur.
Nous préférons nettement manger à l’extérieur, mais nous avons aménagé le Brick pour pouvoir manger à l’intérieur au besoin, mais l’espace est vraiment limité. Heureusement, avec le auvent et ses paroies, c’est rare qu’on ne puisse pas rester dehors.
Transporter et ranger nos vivres, vêtements pour toutes conditions climatiques, équipements, pièces détachées, etc.
Le défis de tout voyageur : ne savoir apporter que le nécessaire et bien ranger le tout dans un espace très limité. Nous avons utilisé chaque cm2 possible, y compris dans le revêtement des portes. Nous en avons aussi installé un coffre sous le chassis, conçu spécialement pour les Defenders, et nous avons acheté un Bonnet Bag de rangement installé sur le capot avant fait par Brad Blunt à Blunt Force Products, UK.
Travailler.
Comme pour manger, nous préférons nettement rester dehors sur notre table à manger pour travailler plus confortablement, mais on peut passer à l’intérieur si nécessaire avec une petite table ‘volante’ qui sert aussi comme planche pour le lit-de-fortune en bas. Travailler aussi veut dire avoir suffisamment d’énergie et de place pour stocker notre matériel et recharger nos batteries (voir ‘électricité’ en haut).
The Brick avant et après transformation
La réalisation étape par étape
1° étape : installation du toit ouvrant, du auvent, du réservoir supplémentaire de carburant (45 litres) dans l’aile arrière droite, remplacement des fauteuils d’origine avant, d’un coffre dans l’aile arrière gauche, d’un schnorkel et du chauffage.


Dans les ateliers de RRC pour l’installation du toit relevable
2° étape : conception de l’aménagement intérieur.
Pour cela grande phase de réflexion car il ne fallait rien laisser au hasard sur :
- Rangements (vivres, ustensiles de cuisine, outils, pièces de rechange et d’entretien, vêtements, matériel photo/vidéo/informatique)
- Emplacements des éléments techniques (électricité, plomberie…)
- Éclairage
- Confort
- Aménagement cockpit (prises, éclairage, GPS…)
4° étape : mise en place de la structure bois pour accueillir les différents éléments techniques.


5° étape : mise en place des éléments techniques
- Réserve d’eau 75 litres
- Chauffage Webasto
- Chargeur solaire
- Régulateur de charge
- Convertisseur 220 V
- Filtre UV pour l’eau potable (système Guzzle)
- Mise en places des réseaux électriques, eaux et évacuation
6° étape : réalisation des aménagements
- Meubles de rangement
- Évier
- Finitions
7° étape : Installations d’équipements extérieurs
- Pare choc avec treuil
- Echelle de toit
- Cabine douche
- Phares led
- Coffre sous chassis
- Bonbonne d’air sous chassis
- Galerie
- Remplacement roues
8° étape : Mécanique
- Remplacement boite de pont arrière (pneumatique) par un glissement limité Ashcroft
- Retirer les écarteurs de voie
- Remplacement récepteur d’embrayage
- Remplacement amortisseurs
- …
9° étape : tests in situ 🙂
Bientôt une galerie de photos du Def terminé, élément par élément.
