Naviguer sur la côte atlantique européenne et en Méditerranée

Maria

En 2012, mon ex-mari-désormais-ami, Patrick et moi avons acheté un voilier en Bretagne, en France, et pendant 7 ans, nous avons parcouru plus de 10 000 milles marins en Europe et en Méditerranée. Au cours de cette période, j’ai raconté les émotions liées à l’achat d’un voilier (ainsi que le parcours semé d’embûches pour devenir skipper au large).

Notre blog, « Sailing Mareda », est toujours en ligne mais n’a pas été mis à jour depuis le dernier article publié en 2019. Voici des extraits de nos premiers et derniers articles, qui encadrent ces sept années de navigation et de blogging :

7 mai 2012

En réalité, nous n’en avions jamais parlé. Nous savions que nous adorions la voile et que nous voulions arrêter de travailler dès que possible, déménager sur la côte et acheter un bateau. Un jour, un ami nous a demandé : « Vous allez traverser l’Atlantique à la voile ? Faire le tour du monde ? ! » Nous nous sommes simplement regardés, avons marqué une pause, puis avons répondu « Ouais » avant de boire une autre gorgée de bière d’un air désinvolte.

Ce n’était ni de la fanfaronnade ni une réponse pour sauver la face. Nous y avions tous les deux pensé, mais sans jamais en discuter, partant du principe que les choses évolueraient naturellement dans cette direction sans qu’il soit nécessaire de formuler ce projet à voix haute. Le fait de l’avoir annoncer de vive voix a changé la donne, a rendu l’aventure plus réel, plus effrayante et nous a exposés à la possibilité d’un échec et d’une situation embarrassante. Mais les mots avaient été prononcés, aussi peu poétiques fussent-ils, et un nouveau chapitre de notre vie a commencé.

Au moment où nous rédigeons ce premier billet, nous ne savons pas si ce sera l’histoire d’un couple qui fait le tour du monde à la voile, celle d’un couple qui parcourt le monde au gré de ses envies, ou celle d’un couple qui décide simplement que naviguer dans ses eaux locales lui suffit. Quelle que soit son issue, c’est pour l’instant une histoire de débuts : l’excitation d’acheter notre premier voilier, le processus un peu maladroit qui consiste à devenir électriciens, peintres, menuisiers, mécaniciens diesel et plombiers amateurs, ainsi que le fait de tester nos ailes (ou nos voiles) et de gagner en confiance (ou pas ?) pour des aventures au long cours. Bienvenue sur Sailing Mareda.

8 janvier 2019

Grisés par l’excès de sucre des gâteaux au frangipanier et du champagne de l’Épiphanie, nous avons annoncé avec insouciance nos bonnes résolutions pour la nouvelle année, convaincus que personne ne s’en souviendrait le lendemain matin. Mais je me souviens très bien avoir dit que j’allais (a) essayer de faire plus de choses avec ma main gauche, (b) porter davantage de vert, et (c) arrêter de bloguer.

Comme pour les points a et b, l’idée d’arrêter de bloguer me trotte dans la tête depuis un certain temps déjà, et le moment semble venu d’y mettre un terme. Nous avons commencé à bloguer pour tenir informés nos amis et nos familles, qui s’inquiétaient, de l’endroit où nous étions et de ce que nous faisions, et pour nous constituer une sorte d’album de souvenirs pour plus tard. Mais tenir un blog, même avec le minimum d’efforts que nous y consacrons ici, a un coût, surtout quand on essaie de le mettre à jour tout en naviguant. Souvent, c’est une véritable corvée de produire du contenu, et à vrai dire, j’ai été séduit par le côté obscur : la rapidité et la facilité de publication sur Facebook m’ont conquis. « Ne jamais se plaindre, ne jamais s’expliquer », c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet.

Le blog m’a permis de rencontrer des personnes formidables qui sont devenues des amis, tant virtuels que réels, et c’est une expérience étrange et réconfortante de voir des gens s’approcher du bateau et nous dire : « Salut, c’est vous les auteurs du blog ? »

Lorsque nous avons quitté notre travail pour nous lancer dans la navigation, il y a près de 10 ans maintenant, nous ne savions pas jusqu’où nous irions ni pour combien de temps. Nous savons désormais que nos aventures à bord de Mareda s’achèveront probablement en Méditerranée, après avoir exploré l’Adriatique, la Grèce et la Turquie (ce qui, remarquez-le, pourrait prendre des années). Patrick m’a récemment dit : « Attend….C’est TOI qui t’occupes de toute l’organisation des croisières. On n’arrivera jamais en Grèce, n’est-ce pas ? On va voir ça… 

Vous pouvez toujours consulter le blog pour avoir un aperçu des hauts et des bas de la vie de plaisancier à bord ; différentes catégories vous orientent vers les articles les plus populaires, les sujets techniques, le quotidien en croisière et — l’une de mes rubriques favorites lorsque la nostalgie de la navigation me gagne — celle intitulée « Situations délicates » (Predicaments). Pendant cinq ans, j’ai également publié une sélection annuelle de lectures baptisée « Reading the Med », inspirée du projet « A Year of Reading the World » d’Ann Morgan. L’objectif était de lire des ouvrages d’auteurs issus de chaque pays visité afin de mieux appréhender les lieux, leur culture et leur histoire. Cette démarche m’a permis de découvrir de véritables chefs-d’œuvre que je n’aurais jamais lus autrement, tout en tombant parfois sur quelques ouvrages très décevants.

En fin de compte, ce blog a rempli sa mission à long terme : servir de recueil de souvenirs. S’il n’y a rien de plus ennuyeux que de regarder les photos de vacances d’autrui, j’espère néanmoins que vous trouverez ici du contenu utile ou divertissant. Veuillez m’excuser, chers amis francophones : ce blog a été rédigé uniquement en anglais, mais quelques astuces techniques improvisées vous permettront peut-être de traduire et de déchiffrer ce qui pourrait susciter votre intérêt.

https://sailingmareda.blogspot.com/ 

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